On monte le son ! – Power Up d’AC/DC

On monte le son ! – Power Up d’AC/DC

Bonjour à tous ! Je reviens après une longue période pour vous présenter une sympathique découverte de cette fin d’année. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. La situation actuelle n’est guère encourageante pour le milieu culturel, c’est pourquoi, il est essentiel que chacun à sa manière puisse la faire vivre, partager sa passion. Si nos politiques considèrent la culture comme quelque chose de non-essentiel, je pense qu’il en est tout autrement. Bien sûr, la musique par exemple, n’a pas une fonction vitale pour l’organisme au même titre que la nourriture. Toutefois, si elle ne nourrit pas le corps, elle nourrit l’âme et aide à nous épanouir, comme le cinéma, la peinture ou toute autre forme d’art. L’aparté étant fait, je conclurai en vous souhaitant du bonheur. Prenez soin de vous ainsi que de vos proches.

© Josh Cheuse

Revenons-en à notre sujet du jour. Qu’on se le dise d’entrée de jeu, Power Up est un album qui fait du bien ! C’est un album qui permet d’achever l’année sur de bonnes vibes. Attention cependant, n’imaginez pas qu’il révolutionne le genre, loin de là sa prétention. Mais les morceaux sont de très bonnes factures, dignes des plus grands tubes de notre groupe australien favori. Même si on ne présente plus AC/DC, voici quelques informations pour vous mettre dans le contexte.

Ce sont 2 frères écossais, Malcolm et Angus Young, qui fondent le groupe en 1973. Le nom de celui-ci provient d’un symbole que l’on trouve sur les appareils électroménagers, signifiant Courant Alternatif/Courant Continu (Alternative Current/Direct Current). Les frères Young le justifient en affirmant qu’il symbolise l’énergie quasi électrique dégagée dans leur musique.

Au cours de sa carrière, AC/DC a connu 3 chanteurs : Tout d’abord, Dave Evans présent lors de la première année. Il est suivi par Bon Scott jusqu’en 1980 (année de sa mort), présent entre autres sur l’album Highway to Hell. Depuis, le lead vocal est assuré par Brian Johnson. Cette année-là, ils enregistrent l’album Back in Black, 2ème album le plus vendu de tous les temps derrière Thriller de Michael Jackson et devant Dark Side of the Moon des Pink Floyd.

Un groupe fer de lance du Hard Rock

Comment caractériser la musique d’AC/DC ? Lorsque l’on se penche sur les différents morceaux du groupe, celui-ci nous livre du hard rock dans toute sa splendeur. À une époque où les genres n’étaient pas aussi nombreux que maintenant, on pouvait aussi le classer dans le heavy metal (à prendre dans le sens d’un rock aux sonorités plus dures, plus pêchu).

Pourquoi du hard rock ? Dans les morceaux, on ressent parfaitement l’influence du blues. Celui-ci est omniprésent dans le jeu des guitares (gammes pentatoniques). La structure des morceaux a également son importance : ce sont souvent des musiques au tempo modéré, avec une structure rudimentaire. Pour simplifier, la majorité des morceaux se composent ainsi : Couplet-Refrain-Couplet-Refrain-Solo-Refrain. Comme je vous le disais, Power Up ne révolutionne pas le genre. Mais c’est là tout l’art du groupe. Il possède une recette qui fonctionne, l’exploite à fond et ça marche ! Quand on écoute du AC/DC on sait d’avance dans quoi on met les pieds (ou plutôt les oreilles !). Si l’ennui est à craindre au fil des écoutes, c’est mal connaître le génie compositeur des frères Young. Ils réussissent à faire évoluer le son du groupe d’album en album, tout en conservant une base qui fait leur recette.

Côté paroles, ne vous attendez pas à de la grande littérature. Les thèmes abordés tournent généralement autour du sexe, drogue et rock n’ roll. Rien d’original en soi, mais caractéristique de ce style musical. Le tout est raconté avec un savoureux humour, c’est punchy, efficace et pas prise de tête.

La fin d’AC/DC ?

Ces dernières années n’ont pas épargné le groupe et imaginer le groupe sortir un album en 2020 tient de l’exploit. En 2014, après 40 ans de vie dédiée à la musique, Malcolm Young annonce sa retraite pour cause de santé défaillante. L’album Rock or Bust est le premier sans son chef de file, remplacé par son neveu Stevie. Pour beaucoup de fans, cet album, sans être un échec, reste bien moins inspiré que ses prédécesseurs. Je dois bien avouer que dans l’ensemble je rejoins ces avis. Depuis les années 2000 et le génial Stiff Uper Lip, je trouve que la sauce ne prend plus pour ma part. Le chant manque d’impact, et contrairement à ce que j’expliquais avant, le tout s’essoufle rapidement, devient répétitif et peu inspiré.

Entre 2015 et 2016, le Rock or Bust World Tour connaît son lot de problèmes. À cause de démêlés avec la justice, le batteur Phil Rudd ne participe pas à cette tournée. Mis en cause dans une affaire de complot d’assassinat, il est aussi accusé de possession de stupéfiants.

En 2016, Brian Johnson annonce devoir mettre un terme à sa carrière. On lui détecte d’importants soucis d’audition pouvant mener à une surdité totale. La tournée touche à sa fin, il est remplacé par Axl Rose des Guns N’ Roses pour les 23 derniers concerts. Au terme de ces derniers, c’est au tour du bassiste Cliff Williams de tirer sa révérence.

Un an plus tard, nouveau coup du sort ! Survient le décès en octobre 2017 de George Young et surtout de Malcolm trois semaines plus tard. Le fer de lance du groupe n’est plus. Alors, tous ces drames allaient-ils marquer la mort d’AC/DC ? C’était sans compter les ressources et le talent de nos musiciens.

Renaissance et retour aux sources

Sorti en novembre 2020, Power Up est le 17ème album dans la discographie d’AC/DC et le 2ème sans Malcolm Young. À l’écoute du premier morceau Realize, les doutes d’un album encore peu enthousiasmant laissent place à la surprise et la joie d’entendre un retour aux racines blues des grandes heures du groupe. Tous les musiciens sont de retour, même Cliff Williams sorti de sa retraite, et Phil Rudd. Le neveu d’Angus et Malcolm a accepté de reprendre la place de son oncle Malcolm.

Les premiers accords résonnent. La voix rugissante de Brian Johnson retentit pour nous signaler qu’il est de retour plus en forme que jamais. Cette ouverture d’album sonne comme un hommage à Malcolm (comme a pu l’être Back in Black pour Bon Scott). Si le reste de l’album est aussi bon que ce titre, cela promet d’envoyer du très lourd ! Voyons cela de plus près.

Le single Shot in the Dark fait clairement ressortir ce côté blues des premières heures d’AC/DC. Pas besoin d’écrire des morceaux virtuoses dans la rapidité pour créer des tubes marquants, preuve en est avec ce titre. Il se dégage une telle puissance dans les refrains et dans les riffs. On regrettera peut-être un solo qui ne restera pas en mémoire, et qui prendra certainement plus d’ampleur en live. Car oui, une autre caractéristique essentielle de cet album, est que ses morceaux sont taillés pour le direct. J’imagine d’avance l’ambiance de folie, le public scandant les refrains en chœur d’une même voix avec le groupe.

Le titre Through the Mists of Time prend un tournant plus orienté pop, mais fait partie de mes titres préférés. À côté de la virtuosité d’Angus, le morceau se fait moins brutal, et les paroles évoquent le souvenir des personnes disparues. Encore une fois, les ombres de Malcolm et de Bon Scott se font sentir et n’ont jamais été aussi présentes.

Parmi les titres tubesques de ce Power Up, citons Witch’s Spell, dont le riff d’entrée fait penser à celui du morceau For Those About to Rock. Écoutez le rugissement de la guitare, la rage du chanteur, c’est une invitation à l’Enfer. Dans la continuité de ce titre, nous avons Demon Fire. Si je dois encore faire un parallèle avec la discographie, je dirai que le morceau se rapproche de Safe in New York City. C’est le morceau le plus entraînant de l’album, et mon coup de cœur. La batterie intervient sur chaque temps de la musique, comme une chevauchée effrénée, les modulations de voix de Brian Johnson sont capable d’alterner entre une voix de tête et une voix caverneuse. À l’écoute d’un tel titre, on peine à imaginer les drames vécus par les membres ces dernières années.

Parmi les thématiques abordées par le groupe, n’oublions pas l’argent. Je vais donc conclure avec le titre Money Shot, du pur blues dans lequel les guitares sont poussées dans leurs derniers retranchements. C’est d’ailleurs pour moi le meilleur solo de l’album. Encore un morceau que l’on prendra plaisir à scander en concert à tue-tête.

Power Up domine les charts

En conclusion, faut-il ou non recommander ce dernier album de nos amis Australiens ? La réponse est sans équivoque, et c’est un grand OUI ! Bien sûr, encore une fois la recette reste la même depuis plus de 45 ans, mais quand l’exercice est aussi bien fait, on ne boude pas son plaisir. AC/DC prône une musique authentique, sincère dans sa démarche, mais aussi insouciante (exception de Through The Mist Of Time), pleine de fraîcheur. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fait du bien au moral.

Durant la première semaine de sa sortie, l’album s’est écoulé à 117.000 exemplaires aux Etats-Unis et a été classé numéro 1 du Billboard 200. Il est également numéro 1 des ventes en Australie et au Royaume-Uni, autres marchés importants pour le Rock et le Metal. Il s’est écoulé à 62.000 exemplaires la première semaine au Royaume-Uni. Espérons que ce Power Up marque le début d’une nouvelle ère de succès pour le groupe.



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J‘ai mis du temps avant de lire cet article car ce groupe ne m‘inspire rien du tout mais c‘est sûrement dû à mon inculture. En tout cas, c‘est toujours très bien écrit mon petit littéraire. 😘

Je sais reconnaître ma nullité dans de nombreux domaines mais je crois que je suis trop vieille maintenant pour m’améliorer… J‘envie les gens qui savent de nombreuses choses mais ça va je vis bien mon inculture car j‘en suis consciente 😂😂 😘