La Playlist de l’Enfer pour un parfait Halloween !

La Playlist de l’Enfer pour un parfait Halloween !

Halloween c’est ce soir ! Les sorcières, loups-garous, et autres démons s’apprêtent à faire leur entrée. Certains d’entre vous ont aussi préparé tout leur attirail pour aller exploser du zombie ! Si vous êtes au contraire d’humeur plutôt casanière, restez proche de vos fenêtres, et vous aurez une chance d’apercevoir Jack et sa lanterne errant dans votre jardin.

Pour l’occasion, vous avez également transformé votre intérieur en manoir hanté. Vous avez hâte de pouvoir effrayer de pauvres petites têtes blondes venues vous gratifier d’un « Trick or Treat ! », « Des bonbons ou un sort ! ».

Afin de pouvoir passer une fête d’Halloween des plus inoubliables, la Taverne Musicale vous a concocté la playlist idéale. Installez-vous confortablement, éteignez la lumière, prenez une bonne part de tarte à la citrouille et préparez-vous à passer une fête délicieusement horrifique !

John Debney – Phantom Manor

Voici de quoi vous mettre en bouche pour la suite du programme :

Nous sommes au 19ème siècle, dans la ville de Thunder Mesa en Louisiane. Henry Ravenswood, un des fondateurs de cette ville, possédait une mine d’or située dans les montagnes de Big Thunder. Selon certaines légendes, cette mine serait hantée par un esprit Indien, veillant farouchement sur son trésor. Quiconque tenterait de lui voler serait victime de sa colère, se manifestant sous la forme d’un tremblement de terre.

Lord Ravenswood habitait un manoir construit en face de la mine, avec sa femme Martha, et sa fille Mélanie. Celle-ci était fiancée à Jake Evans, l’un des employés de la mine. Ravenswood ne fit rien de la malédiction, jusqu’au jour où un tremblement de terre le terrassa, ainsi que sa femme. Le lendemain de l’accident, la mine fut fermée. Le mariage entre Mélanie et Jake Evans fut maintenu, mais celui-ci ne vint jamais.

Prise de désespoir, elle s’enferma dans le manoir et personne n’en sortit ni y entra à partir de ce jour. On raconte qu’elle attendrait encore son mari, en errant dans le manoir. Certains habitants jurèrent l’avoir aperçue à la fenêtre du 1er étage. On donna au Manoir le nom de « Phantom Manor ».

30 années plus tard, 2 domestiques avaient réussi à fuir ce lieu, et racontèrent qu’ils furent terrorisés par des esprits maléfiques, dont l’un ressemblait… à Lord Ravenswood.

Sombre histoire n’est-ce pas ? Et ceci n’est que le commencement…

Danny Elfman – Les Contes de la Crypte

Voici un conteur hors pair que l’on aimerait tous inviter chez soi pour l’occasion. Le Gardien de la Crypte est heureux de vous narrer ses histoires les plus horrifiques. Au programme, têtes tranchées, yeux arrachés, enterrage vivant… La musique du générique aux sonorités gothiques et fantasmagoriques est signée Danny Elfman (le compositeur des films de Tim Burton).

Aurez-vous le courage d’écouter ces récits jusqu’au bout ?

Paul Dukas – L’Apprenti Sorcier

Place à la magie du monde des Sorciers (et je ne parle pas de Poudlard ni d’Harry Potter). Avant d’être popularisé en 1937 par Mickey Mouse dans Fantasia de Walt Disney, L’Apprenti Sorcier est un poème de Goethe écrit en 1797. Un siècle plus tard, Paul Dukas en réalise un poème symphonique. C’est ce poème symphonique que l’on entend dans la séquence de Fantasia citée juste avant.

L’histoire met en scène un jeune apprenti sorcier qui donne vie à un balai afin que celui-ci remplisse ses tâches à sa place. Le balai devient hors de contrôle, et l’apprenti décide de le détruire. Mais il revient à la vie, et se dédouble. C’est finalement une farandole de balais qui vont causer du souci à notre jeune ami, jusqu’à ce que son Maître n’arrive pour prendre les choses en main.

Qui a dit que les balais étaient les meilleurs alliés des sorciers ?

Modeste Moussorgski – Tableaux d’une Exposition : La Cabane sur pattes de poule

Cette fois, fini les gentils sorciers pour laisser place à une sorcière tristement célèbre de la mythologie slave : Baba Yaga. Elle attirerait des enfants dans sa hutte pour les dévorer ensuite. Sa légende s’est transmise par tradition orale pendant des générations. Sa première apparition officielle dans l’histoire date de 1755, à travers les écrits de l’écrivain russe Mikhail Vassilievitch Lomonossov.

La plupart du temps, on la décrit comme une vieille femme courbée avec de longs cheveux blancs. Mais sous ses airs innocents, se cache une créature cruelle, prête à tout pour assouvir ses besoins. Elle vivrait dans une hutte au fin fond d’une forêt. La hutte reposerait sur des pattes de poule géantes. En guise de clôture, des ossements et des crânes de ses victimes. Enfin, pour se déplacer, elle utiliserait un mortier ou une marmite, selon les versions.

Modeste Moussorgki compose à l’origine Les Tableaux d’une Exposition pour piano. Il s’est inspiré de tableaux peints par son ami Victor Hartmann. En 1922, Maurice Ravel réalisera la version symphonique de ces pièces. Cette version est la plus connue et la plus jouée.

« La Cabane sur des pattes de poule » est un morceau tiré d’une esquisse d’horloge en bronze représentant une petite maison sur des pattes de poulet. Moussorgki puise aussi dans la légende Baba Yaga et compose une œuvre sombre, dissonante, pour dépeindre la cruauté du personnage. Le début de la pièce fait penser au vol de celle-ci sur son « balai ».

Franz Schubert – Die Erlkönig

Schubert composa son lied en 1815 d’après un poème de Goethe datant de 1782. Il évoque une créature maléfique qui hante la forêt à la recherche de voyageurs pour les entraîner vers la mort. La nuit, la forêt, la peur, la mort … des thématiques purement romantiques, également dignes d’un film d’horreur.

Par une sombre nuit d’orage, un homme traverse une forêt à cheval, serrant son enfant dans ses bras. Celui-ci est apeuré car le Roi des Aulnes les poursuit. Le père ne le voit pas, et une fois arrivés à destination, l’enfant est mort. Le Erlkönig vient de faire une nouvelle victime.

Richard O’Brien – The Rocky Horror Picture Show

Vous êtes toujours là ? Bien, il est temps de souffler un peu et de passer sur un registre plus léger.

Impossible de passer à côté de ce classique de Broadway de 1973, repris en film 2 ans plus tard. Hommage parodique aux films d’horreur et séries B, cette comédie musicale est un savant cocktail d’humour débridé et de rock’n’roll. Sa version cinéma, bien qu’ayant été un échec à sa sortie, est par la suite devenue culte.

Brad et Janet sont fiancés. Un soir d’orage, leur voiture tombe en panne aux abords d’un étrange manoir. Ils vont pénétrer dans l’enceinte de celui-ci et faire connaissance avec ses occupants, aussi étranges les uns que les autres. Parmi eux, le Docteur Frank-N-Furter, travesti bisexuel d’une autre galaxie, et inventeur d’une créature au physique parfait, mais sans la moindre intelligence, prénommée Rocky.

Après avoir écouté ce morceau, je suis sûr que vous ne résisterez pas à l’envie de danser en compagnie d’un zombie !

Alan Menken – Little Shop of Horrors

On a affaire à du très lourd. Cette comédie musicale signée Alan Menken et Howard Ashman (respectivement compositeur et parolier de La Belle et la Bête, Aladdin, La Petite Sirène).

Cette chanson est la preuve que l’horreur ne provient pas toujours d’un monstre, qui vous attend au détour d’une ruelle sombre et désertique. Les choses du quotidien peuvent également être effrayantes, et le dentiste en est le parfait exemple. Qui n’a pas fait de cauchemars en imaginant le bruit de la roulette frottant sur ses dents.

Quand le dentiste s’avère être un homme sadique qui aime apporter de la souffrance aux gens, l’horreur atteint son paroxysme !

Andrew Lippa – Addams Family

La famille horrifique la plus déjantée vous invite également à passer les fêtes d’Halloween en sa compagnie. Imaginées en 1938 par Charles Addams, les aventures de Gomez, Morticia, leurs enfants et toute la joyeuse bande, étaient publiées dans le New Yorker. Par la suite, ils sont devenus des héros de films, séries, dessins animés, jeux vidéos, et même d’une comédie musicale de Broadway en 2010.

Écoutez cette chanson, et ensuite vous saurez ce qu’il faut faire pour devenir un membre de la Famille Addams.

Camille Saint-Saëns – Danse Macabre

Voici « Danse avec la Mort ». Munie de son violon, elle nous entraîne au rythme d’une danse effrénée qui ne s’achèvera qu’au lever du jour. Ce poème symphonique écrit en 1874 est inspiré d’un poème d’Henri Cazalis, Égalité-Fraternité, extrait de son recueil Les Heures Sombres.

Hector Berlioz – Symphonie Fantastique : Songe d’une Nuit de Sabbat

Après avoir dansé avec la Mort, il est temps cette fois-ci de se joindre à la farandole démoniaque d’un Sabbat. Sorcières, ombres, monstres en tous genres se réunissent pour célébrer la mort du héros romantique que l’on suit au long de cette Symphonie. Tourmenté par son amour pour une femme, le jeune homme a voulu se donner la mort par poison. La dose étant trop faible, il est plongé dans un sommeil avec d’horribles visions. Il se voit tuer celle qu’il aime, puis être condamné à mort dans La Marche au Supplice. La Nuit de Sabbat fait suite à la Marche.

Ronde funeste, c’est un déferlement sonore qui se tient devant nous. On y entend également le glas mélodieux du Dies Irae.

John Carpenter – Halloween Theme

Comment ne pas faire une playlist spéciale Hallowen, sans évoquer ce film éponyme ?

Tout comme John Williams avait su créer la peur en seulement 3 notes pour le thème du film Les Dents de la Mer en 1975, John Carpenter fit de même 3 ans plus tard avec Halloween, la Nuit des Masques, dont il est le réalisateur et le compositeur. C’est d’ailleurs cette signature sonore qui a fait en bonne majorité le succès du film.

Aucun artifice, pas de bande son orchestrale, mais seulement quelques notes de piano accompagnées d’un synthé et répétées en boucle. Cela produit un effet de suspense insoutenable, et de peur constante.

Film typique du Slasher Movie, on suit un serial killer du nom de Michael Myers. À l’âge de 6 ans, il assassina sauvagement sa sœur avec un couteau, avant d’être enfermé dans un hôpital psychiatrique. 15 ans plus tard, il s’enfuit et revient dans sa ville natale pour Halloween, afin de commettre de nouveaux massacres. Tout au long du film, Michael Myers est apparenté à la figure du croque-mitaine et est même désigné ainsi.

Michael Myers est un tueur dénué de tout sentiment, il ne parle pas, possède une force incroyable, et porte toujours un masque blanc sans expression. C’est tout cela qui le rend si angoissant, allié à la puissance évocatrice de la musique.

Helloween – Halloween

Ce groupe de power metal allemand est l’incarnation parfaite de la fête d’Halloween. Sa mascotte est d’ailleurs un Jack O’Lantern qui nous gratifie de sa présence sur les pochettes depuis l’album Walls of Jericho en 1985.

Pendant 13 minutes, le groupe nous parle des traditions de cette fête, d’esprits, de mauvais sorts, de bonbons, de costumes. Finalement, tout ce qu’il faut pour un Halloween réussi !

Rob Zombie – Living Dead Girl

Parce qu’on aime avoir peur et se faire peur à Halloween, alors on se réunit entre amis autour d’une bonne sélection de nanars horrifiques, en mangeant les sucreries que l’on a récoltées ou que l’on a dérobées à de pauvres petits enfants innocents !

Pour accompagner cette séance de binge-watching filmique, Rob Zombie sera votre compagnon idéal. Avec un nom de scène comme celui-là, pas étonnant que sa musique soit un savant mélange de metal et de références en tous genres aux films de série B.

Dans les paroles et la musique de ce titre, les références fusent. Le clip est aussi un hommage au film de 1920, Le Cabinet du Docteur Caligari de Robert Wiene. Rob Zombie se transforme en savant fou, et sa femme Sheri Moon Zombie, devient une morte-vivante.

Rob Zombie n’est pas seulement musicien, il est également réalisateur de films d’horreur. Dans sa filmographie, on y trouve un remake du film de John Carpenter… Halloween, ainsi qu’une suite directe de son remake, au style très personnel.

Maintenant vous savez quoi regarder cette nuit.

Rihanna – Disturbia

Encore un tube qui va vous pousser à sortir de chez soi et vous déhancher avec les créatures de la nuit ! (Un peu comme Michael Jackson en son temps).

Co-écrite par Chris Brown, le petit ami de l’époque de Rihanna, cette chanson, sous ses airs pop, révèle une thématique assez sombre, traitant des angoisses et de la folie. Le clip est d’ailleurs tout aussi dérangeant, surtout au début avec ses sons décharnés de piano désaccordé.

Henrich Marschner – Der Vampyr

Il y a une figure que nous n’avons pas encore abordée, celle du vampire. Elle devient un incontournable au 19ème siècle, avec la publication de l’œuvre gothique Le Vampire de John Polidori. Bien que ce ne soit pas sa première apparition littéraire, l’œuvre de Polidori est celle qui popularisa cette créature.

L’opéra de Marschner s’inspire de cette nouvelle. Composé en 1828, il reste assez méconnu, et se retrouve dans l’ombre des opéras de Wagner comme Der Fliegende Holländer. L’action se déroule en Écosse au 18ème siècle. Lord Ruthwen est un vampire qui a pour tâche de sacrifier 3 épouses vierges au diable en 1 journée. En échange, il lui sera accordé une année supplémentaire. Le cas échéant, il meurt.

Andrew Lloyd Webber – The Phantom of the Opera

Probablement, la plus grande comédie musicale de Broadway ! Créée en 1986, Webber s’est inspiré du roman français éponyme de Gaston Leroux. L’Opéra est hanté par un fantôme. Il s’agit en réalité d’un homme prénommé Erik. Son visage est difforme à la limite de l’humanité. Il va kidnapper une jeune ingénue du nom de Christine, chanteuse. Il est épris d’elle, l’emmène dans son repaire sous l’Opéra, et veut s’inspirer d’elle pour son œuvre lyrique qu’il compose.

Méfiez-vous la prochaine fois que vous irez à Garnier car « The Phantom of the opera is there ».

Johann Sebastian Bach – Toccata & Fugue pour Orgue D. 565

Dans notre subconscient, cette pièce s’associe parfaitement à un imaginaire horrifique : maison hantée, décor sinistre, cimetière… On se représente sans peine un savant fou, ou un vampire dans son manoir, jouant cette pièce par une nuit d’orage.

Bach composa cette œuvre entre 1703 et 1707. Dans la culture populaire, elle est utilisée dans de nombreux films : Docteur Jekyll et M. Hyde de Rouben Mamoulian (1931), 20.000 lieues sous les mers de Richard Fleischer (1954), Le Fantôme de l’Opéra de Terence Fisher (1962), Fantasia de Walt Disney (1940).

En musique, une Toccata est une pièce qui permet à l’instrumentiste de prendre contact avec l’instrument tout en faisant étal de sa technique et sa virtuosité.

Ozzy Osbourne – Bark at the Moon

Une nouvelle créature à l’honneur et qui a son importance dans l’imaginaire d’Halloween : le loup-garou.

Bark at the Moon est une chanson tirée du 3ème album éponyme d’Ozzy. À travers un clip terriblement kitsch (qui hélas n’est plus disponible sur YouTube), l’ancien maître du « Sabbat Noir » rend à la fois hommage au loup-garou, et au Docteur Jekyll de Robert Louis Stevenson.

Du pur heavy metal, rythmé par la guitare endiablée de Jake E. Lee (qui a co-écrit la chanson) et qui vous fera hurler de bonheur.

Marilyn Manson – This is Halloween

« Boys and girls of every age, Wouldn’t you like to see something strange ? » Cette reprise pour le moins surprenante du thème de L’Étrange Noël de Monsieur Jack, composé à l’origine par Danny Elfman, prend soudain une tonalité plus sombre, avec les effets saturés de la voix. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Marilyn Manson apporte un soin tout particulier a recréer les voix du film. Le résultat est à la fois fascinant et terrifiant.

Twisted Sisters – Captain Howdy

Avant que Dee Snider (le chanteur du groupe) ne se lance dans les scénarios de films d’horreur comme Strangeland, il aimait écrire des histoires de fantômes. Et on peut dire que son imagination était riche. Ainsi naquit Captain Howdy, un serial killer dont le plaisir est d’attirer des gens chez lui, pour les torturer dans une joie non dissimulée, avant de les tuer.

La chanson est extraite du 3ème album du groupe, sorti en 1984. Elle compose la première section d’un ensemble intitulé Horror-Teria (The Beginning). La conclusion de cette histoire intervient dans la seconde partie Street Justice, où le tueur est puni pour ses crimes.

Dans le film Strangeland de 1998, Dee Snider lui-même interprète le rôle de Captain Howdy. Alors, un conseil « Restez loin de Captain Howdy ! ».

Bonus : Ray Parker Jr. – Ghostbusters

« – Allo la police ? Je crois que mon appartement est soudainement possédé par un démon malfaisant. Qui dois-je appeler ? – GHOSTBUSTERS ! »

Bill Murray et son équipe d’experts en paranormal, viendront à votre secours ! Comme le souligne si bien Ray Parker Jr., « I ain’t afraid of no ghost » (« Je n’ai peur d’aucun fantôme »).

Le chanteur fut attaqué en justice pour plagiat par Huey Lewis, qui estimait que Ghostbusters ressemblait à sa chanson I want a new drug, sortie en 1983 (1 an avant celle de Parker Jr.). L’affaire se conclura en 1995 par un arrangement financier.

Notre sabbat musical touche maintenant à sa fin. Les rayons du soleil commencent à se montrer, et tout comme la danse de la Mort chez Saint-Saëns, il est temps pour nos créatures démoniaques de retourner dans leurs tombes, cercueils… Jusqu’à Halloween prochain !



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Une playlist bien effrayante mais passionnante.
Happy Halloween 🎃👻💀

Ça a été, j‘ai plutôt bien dormi 😂😂😂